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Thyroïde : le régime qui fait mieux que le Levothyrox • Le blog du Docteur Gimbert : Le blog du Docteur Gimbert

Le blog du Docteur Gimbert

Souvent la tête dans les nuages… mais les pieds parfois sur terre !!

Thyroïde : l’effet papillon …

Elle a la forme et l’emplacement d’un petit nœud papillon, pèse à peine 30 grammes mais joue un rôle capital dans le fonctionnement de notre organisme.

Elle secrète les hormones thyroïdiennes, à 90% de la T4 (thyroxine) ainsi numérotée car faite de 4 atomes d’iode collés sur une protéine appelée Thyronine, ainsi qu’un peu de T3 (tri-iodothyronine) dont on aura deviné qu’elle ne contient que 3 atomes d’iode… Différence notable car c’est justement cet atome en moins qui rend la T3 active, alors que la T4 ne l’est pas !

Alors pourquoi fabriquer un gros stock d’hormone T4 inactive et pas directement de la T3 ? Simplement parce que, quand le corps a besoin immédiatement d’hormone thyroïdienne, comme par exemple quand on sort de chez soi en hiver et qu’on ne veut pas mourir d’hypothermie, il est beaucoup plus rapide d’activer la T4 en T3 que de faire fabriquer par la thyroïde de la T3 prête à l’action.

 La T3 : jamais dosée, jamais donnée… Quel dommage !

C’est principalement au niveau de notre foie, mais également dans d’autres organes (cœur, muscles, cerveau, etc.), que se fait cette transformation par l’arrachage d’un atome d’iode grâce à une enzyme judicieusement dénommée « déiodinase ».

Or il est très important de savoir que cette opération est impossible en l’absence d’une quantité suffisante de microcronutriments comme le sélénium, le zinc, certaines vitamines B, les vitamines A et D, et des antioxydants  (vitamines C et E). D’autre part, divers facteurs peuvent altérer cette transformation tels que le stress, les traitements à base d’œstrogènes, l’obésité, les problèmes hépatiques, l’excès de café ou d’alcool, le tabac, certains médicaments (bétabloquants, amiodarone, lithium) ou les toxiques (métaux lourds, pesticides, PCB, etc.). De plus, 20 % des hormones T4 deviennent actives dans notre intestin, ce qui impose qu’il soit en bonne santé et la flore intestinale de qualité.

On verra plus loin à quel point la prise en charge de ces éléments conditionne l’amélioration de la fonction de la thyroïde, voire l’efficience des traitements médicamenteux….quand on ne peut pas tout bonnement s’en dispenser !

En effet, le médicament de loin le plus prescrit en France dans l’hypothyroïdie, le Levothyrox, est exclusivement constitué d’un analogue de la T4. On comprend donc aisément que si l’on se contente d’avaler son comprimé quotidien sans prendre garde aux facteurs indispensables à son activation, l’efficacité de ce traitement sera évidemment plus que douteuse.

Et c’est ainsi que l’on se retrouve avec une santé « dans les choux » alors que les dosages hormonaux sont, eux, « dans les clous » !

Mais, grands dieux, comment cela est-il possible ? Hé bien parce que, depuis des décennies, bon nombre de médecins traitent des résultats biologiques et non des signes cliniques !

Pour tenter de comprendre cette aberration, il faut savoir, de façon simple, que le taux sanguin des hormones thyroïdiennes est analysé en permanence par un noyau central situé au milieu du crâne (le thalamus), lequel agit sur une toute petite glande de la taille d’une noisette, implantée à la base du cerveau et appelée hypophyse. Celle-ci dispose d’une pédale d’accélérateur appelée TSH, abréviation anglaise (donc inversée) signifiant Hormone Stimulant la Thyroïde, sous-entendu pour qu’elle fabrique un peu plus de T4 et de T3 lorsque leur taux diminue dans le sang circulant.

Par contre, il n’y a pas de pédale de frein… Ainsi, quand le taux d’hormones thyroïdiennes est trop élevé, l’hypophyse lève le pied de l’accélérateur en arrêtant de sécréter de la TSH. Comme  la glande-papillon est plutôt du genre « thyro-flanc », dès qu’elle n’est plus stimulée, elle cesse le travail et ne fabrique plus ni T4, ni T3, dont les taux sanguins décroissent pour rentrer progressivement dans l’ordre.

C’est un peu comme si vous vouliez maintenir à 80 km/H la vitesse de votre voiture uniquement en pressant et relâchant la pédale de l’accélérateur…

 

La TSH ne sert-elle qu’à Traquer Systématiquement Hashimoto ?

En temps normal (euthyroïdie), le taux sanguin de TSH se situe grosso modo, c’est-à-dire selon les laboratoires, entre 0,4 et 4 mUI/L (milli Unités Internationales par litre de sang circulant). En cas de pathologie, la TSH variera en sens inverse des hormones thyroïdiennes. A partir de là, les médecins se sont contentés de doser la TSH, estimant que cela suffisait amplement au suivi des pathologies thyroïdiennes.

Peu à peu, avec l’explosion des maladies auto-immunes de la thyroïde, dont celle d’Hashimoto, le dosage de la TSH est devenu « automatique » chez toutes les femmes quelque soit leur âge, puis chez tous les hommes de plus de 50 ans (en même temps d’ailleurs que le PSA pour leur prostate).

Du coup, le recueil des symptômes à l’interrogatoire et des signes à l’examen clinique est complètement passé à la trappe. Pourtant, avant l’avènement des laboratoires d’analyses, les médecins connaissaient parfaitement la symptomatologie thyroïdienne dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est facilement identifiable… au moins par les malades qui la subissent au quotidien.

Ainsi l’hyperthyroïdie exacerbe le métabolisme de base et le fonctionnement du système végétatif, correspondant au « Yang » de la médecine chinoise : bouffées de chaleur, nervosité, amaigrissement, tachycardie, accélération du transit intestinal, tremblements, …

A l’opposé, l’hypothyroïdie évoque plutôt le « Yin » et va ralentir sensiblement l’organisme : frilosité, fatigue, œdème diffus, chute de cheveux, ongles cassants, peau sèche, constipation, état dépressif, … Et ce fameux signe de la « perte de la queue du sourcil » si caractéristique !

En principe, c’est uniquement en présence d’au moins l’un de ces signes cliniques évocateurs que l’on peut s’autoriser à demander un bilan hormonal sanguin. Et encore, comme la T4 est rarement demandée, et la T3 quasiment jamais, on se contente le plus souvent de la seule TSH pour dépister des pathologies souvent inexistantes, imposer des thérapeutiques en général définitives et décréter leur efficacité sans tenir compte du ressenti des patients.

Avec un peu plus de clinique et moins de technique, on aurait pu éviter de traiter des dizaines de milliers de personnes sur de simples anomalies biologiques et de les condamner à perpétuité à suivre un traitement médicamenteux substitutif alors qu’un simple rééquilibrage alimentaire aurait, probablement et dans la plupart des cas, suffi à normaliser la situation.

 

Des aliments pour se débarrasser du Levothyrox…

Soyons clairs : les conseils nutritionnels qui vont suivre ne concernent que les personnes en hypothyroïdie, car c’est l’aboutissement obligatoire de toute pathologie thyroïdienne.

En effet, les hyperthyroïdiens, après avoir été, selon la cause du problème (Basedow, nodule sécrétant, cancer,…), opérés, irradiés ou traités par des antithyroïdiens de synthèse, se retrouveront avec une glande enlevée ou détruite, et par conséquent non fonctionnelle. Ils rejoindront donc rapidement le bataillon des patients d’emblée hypothyroïdiens.

En dehors de ces hyperthyroïdies traitées, les principales causes d’hypothyroïdie sont :

  • surtout la maladie d’Hashimoto, une affection auto-immune dans laquelle nos anticorps, déboussolés par la pollution et la radioactivité de l’environnement, s’attaquent à notre propre thyroïde comme s’il s’agissait d’un greffon étranger
  • l’absence d’activation de T4 par mauvais fonctionnement de l’enzyme (déiodinase)
  • la fabrication d’une T3 « mal fichue » appelée T3 reverse à cause d’un mauvais positionnement d’un atome d’iode la rendant inefficace
  • un déficit d’apport alimentaire et micro-nutritionnel

 

Et tout ce monde-là, représentant rien qu’en France près de 3 millions de personnes, n’a pas d’autre choix que de prendre quotidiennement de la T4 sous forme de Levothyrox®. Une manne providentielle pour le laboratoire pharmaceutique qui détient ce monopole !

Or, parmi tous ces gens, nombreux sont ceux chez qui persistent des troubles malgré une bonne observance thérapeutique et des analyses biologiques rassurantes. Cela s’explique aisément… Nous savons que c’est essentiellement le taux de la T4 qui influence, en sens inverse, celui de la TSH. Si T4 augmente, TSH diminue… et vice-versa. Il est donc parfaitement normal que quand on prend du Levothyrox, qui n’est rien d’autre que de la T4, la TSH se normalise de façon arithmétique alors que les symptômes restent toujours patents. Dans ce cas, on conseillera aux personnes concernées de faire contrôler leur taux de T3, et si celui-ci se trouve dans la moitié inférieure de la « fourchette », de se faire prescrire, avec prudence et par un médecin averti, soit du Cynomel® (T3 seule), soit de l’Euthyral® (T3 + T4). Les résultats sont souvent spectaculaires, permettant de réduire, voire de supprimer totalement le Levothyrox®

Ajoutons pour les patients déjà sous Levothyrox, et qui sont obligés d’augmenter régulièrement leur posologie, que des études récentes plaident pour une prise le soir au coucher, apparemment plus efficace que le matin à jeun.

Quoiqu’il en soit, et que vous preniez déjà du Levothyrox®… ou pas encore, vous pouvez améliorer le fonctionnement de votre thyroïde en lui apportant les micronutriments et les compléments alimentaires dont elle a absolument besoin.

 

Des nutriments tout-à-fait indispensables

Les hormones thyroïdiennes sont constituées d’un oligo-élément, l’iode, et de thyronine, une protéine résultant de la condensation de 2 molécules de tyrosine, un acide aminé. La thyroïde ne pourra donc les fabriquer que si on lui apporte cette matière première en quantité suffisante.

L’iode

Son apport journalier recommandé pour un adulte est de 150 µg que l’on porte à 250 µg chez la femme enceinte ou allaitante.

De manière générale l’iode se trouve dans les aliments suivants qu’il faudra consommer régulièrement : fruits de mer (langoustines, homard, crabe, coquillages, huîtres), algues (kombu royal, wakamé, haricot de mer, dulse, laitue de mer, nori, spiruline), poissons (aiglefin, saumon, morue, sardine), œufs, lait et produits laitiers (dont le roquefort). Le sel de table enrichi en iode doit être utilisé avec prudence en raison de ses risques sur le plan cardio-vasculaire et de sa consommation limitée à 5 grammes par jour.

Parallèlement, il faudra éviter les aliments dits « goitrogènes ». Ces aliments, lorsqu’ils sont consommés en très grande quantité, inhibent la captation de l’iode par la glande thyroïde, ce qui empêche la fabrication normale des hormones thyroïdiennes. Il s’agit principalement des crucifères (le chou de Bruxelles, le chou, le chou-fleur, le brocoli, le chou frisé, les feuilles de moutarde, le rutabaga, le radis, le raifort, etc.), du manioc, des patates douces, des graines de soya, des arachides et du millet.

Il est anormal, voire relativement choquant (et pourtant très fréquent !) de prescrire du Levothyrox® sur un dosage de TSH un peu haut… sans avoir auparavant effectué une iodurie, c’est-à-dire un dosage de l’iode dans les urines des 24 heures. Cet examen anodin permet, lorsqu’on constate un chiffre < 100 µg/litre d’urine, d’évoquer une carence alimentaire. Si celle-ci est confirmée, il suffira d’augmenter la portion d’aliments iodés pour normaliser la TSH avant de se jeter précipitamment sur une substitution médicamenteuse.

Lorsque l’alimentation habituelle ne permet pas un apport suffisant en iode, il faut impérativement recourir aux compléments micro-nutritionnels, en particulier en cas de grossesse au cours de laquelle une supplémentation systématique de 100 µg d’iode a fait disparaitre l’hypothyroïdie congénitale caractérisée par un retard staturo-pondéral et psychomoteur.

La tyrosine

La tyrosine est un acide aminé considéré comme essentiel. Les aliments les plus riches en tyrosine sont les suivants :

  • La viande : bœuf, agneau, porc, poulet et dinde
  • Le poisson (saumon, thon, maquereau, flétan, haddock, morue) et les crustacés (crevettes, crabe).
  • Le fromage, surtout le parmesan, mais aussi le gruyère, l’édam, la mozzarella, le fromage bleu (41%), et le chèvre
  • Les œufs et produits laitiers (lait, yogourt, crème beurre)
  • Les aliments à base de soja
  • Les graines (citrouille, sésame, tournesol, chia, lin) et les noix (cacahuètes, noix, amandes, noix de pin)
  • Les haricots (blancs, rouges, noirs), les lentilles, les pois cassés et les les pois chiches, les fèves
  • Les grains et céréales (riz, mil, bulgur, quinoa, couscous, orge, avoine)

On constate donc que les produits de la mer pour l’iode et les protéines d’origine animale pour la tyrosine constituent les deux « mamelles » de l’alimentation de l’hypothyroïdien.

Si le régime végétarien, bien que déconseillé, peut cependant fournir des apports iodés et protéiques intéressants par les algues, les œufs et les produits laitiers, par contre le végétalisme est à proscrire en cas d’hypothyroïdie.

Des  oligoéléments absolument nécessaires

Pour booster naturellement la thyroïde, l’alimentation devra lui fournir impérativement du zinc, du sélénium, du magnésium et du fer, dont les sources principales sont les suivantes :

Pour le zinc :

Les huitres, les poissons, les viandes et volailles, les coquillages et les céréales complètes sont riches en zinc. A noterd l’intérêt des pépins de courges, riches en zinc et autres micronutriments, que l’on peut faire griller et déguster à l’apéritif ou en dessert.

L’absorption du zinc est augmentée par les protéines. En revanche, les phytates (substances présentes dans les céréales et les légumineuses) la réduisent. Une alimentation riche en produits végétaux et pauvre en viande diminue l’absorption de cet élément.

Pour le sélénium :

A nouveau, les champions de cet oligo-élément sont les poissons et en premier lieu la lotte et le thon. On citera aussi dans la même catégorie les poissons gras (sardine, maquereau, hareng).Il est naturellement présent dans les crustacés, les coquillages (coquilles Saint-Jacques, moules) et certains fruits secs. Parmi ces derniers, soulignons l’apport important en sélénium fourni par les noix du Brésil dont 2 ou 3 suffisent à couvrir les besoins quotidiens. Enfin n’oublions pas les œufs dont le jaune regorge de cet oligo-élément

Pour le magnésium :

Il est principalement présent dans les fruits secs et les céréales complètes. Il est souvent nécessaire de se supplémenter en magnésium à l’aide de compléments alimentaires. Certaines formes galéniques, comme le glycérophosphate de magnésium, sont mieux assimilées par l’organisme que d’autres. Le magnésium a besoin d’un cofacteur, la vitamine B6, pour être bien assimilé par l’organisme.

Pour le fer :

Le fer héminique, d’origine animale, est 4 fois mieux absorbé que le non héminique, d’origine végétale. On en trouve surtout dans les abats (pour ceux qui aiment !), le boudin noir, les viandes rouges, les volailles et les produits de la mer (moules en particulier). Les végétaux (légumineuses, légumes verts, épices dont cumin et thym, …) en contiennent peu. L’assimilation du fer nécessite la présence de vitamines du groupe B (B9 et B12) et de vitamine C. Evitez de boire du thé ou du café en cours de repas car ces chélateurs empêchent son absorption.

Des vitamines bien utiles

La fonction thyroïdienne sera d’autant meilleure qu’elle bénéficiera d’un apport correct en certaines vitamines B, en vitamine D et en vitamines anti-oxydantes.

La vitamine D

La vitamine D, ou calciférol, a deux origines : l’alimentation et une production par la peau exposée aux rayons solaires. Les personnes qui vivent dans des régions peu ensoleillées ou qui sortent peu (personnes âgées) doivent tout particulièrement veiller à leurs apports d’origine alimentaire.

Outre le foie de morue, les aliments les plus riches en vitamine D sont les poissons gras : hareng, maquereau, sardine, saumon. Viennent ensuite les abats (foies), les œufs, les fromages et le beurre. Il existe aussi quelques aliments enrichis en vitamine D : certains laits, laitages, céréales de petit-déjeuner et huiles.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé en 2016 une nouvelle valeur de référence pour les adultes à 15 µg (600 UI) par jour au lieu de 5 µg. Pour atteindre cette dose, on recommande une supplémentation médicamenteuse systématique, même pour les adultes en bonne santé s’exposant raisonnablement au soleil et a fortiori pour les personnes âgées. On préconise en général de prendre une ampoule de 100.000 UI tous les trimestres sauf en été. Cette dose peut être modulée, au début, par le dosage sanguin (25 hydroxycholécalciférol).

Attention : s’agissant d’une vitamine liposoluble, elle doit être prise soit pure (solvant huileux), soit avec un corps gras (lait entier par exemple) et non pas diluée dans de l’eau ou du jus de fruit sous peine d’inefficacité totale.

 Les vitamines B6, B9 et B12

Presque tous les aliments contiennent de la vitamine B6, mais les poissons gras (maquereau, saumon, thon), les abats (foies), les volailles, les viandes et les pommes de terre en sont particulièrement riches. Son AJR est de 1,4 mg et elle est le cofacteur indispensable du magnésium.

La vitamine B9 est nécessaire (avec la vitamine C) à l’assimilation et au métabolisme du fer. Son AJR est de 200 µg et ses sources principales sont la levure de bière, les graines comme le maïs et le pois chiche, le foie… On en trouve aussi dans les légumes verts  à grandes feuilles (épinards, chou, salades) mais ceux-ci étant « goitrogènes », on sera souvent amené à passer aux compléments nutritionnels.

Un déficit en vitamine B12 est couramment constaté dans les pathologies thyroïdiennes. Son apport journalier recommandé est de 2,5 µg.  On la trouve surtout dans les produits d’origine animale : viande, laitages, œufs, poissons, coquillages.

Les vitamines antioxydantes

Il s’agit des vitamines C et E, qui permettent de lutter contre la fatigue accompagnant l’hypothyroïdie.

La vitamine C, ou acide ascorbique, compte parmi les vitamines hydrosolubles (solubles dans l’eau). Elle doit son nom à la maladie qu’elle prévient : le scorbut, une affection autrefois fréquente chez les marins, qui n’avaient pas accès aux végétaux frais au cours de leurs longues expéditions.

Son apport nutritionnel conseillé est de 110 mg/l pour les adultes et doit être augmenté chez les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées et les fumeurs.

On la trouve dans les fruits et légumes frais et tout particulièrement dans le cassis, le persil, le poivron, le kiwi, le litchi, la fraise, la papaye, …

A savoir : la vitamine C est sensible à l’oxydation et à la chaleur. Puisqu’elle est hydrosoluble, elle s’échappe dans les eaux de cuisson. Pour la préserver au mieux, il est important de conserver les aliments au frais et de les consommer le plus rapidement possible ; de peler, découper, râper ou presser les fruits et légumes juste avant de les consommer ; le cas échéant, de les cuire juste le temps nécessaire, de préférence à la vapeur et d’éviter de les réchauffer à plusieurs reprises.

La vitamine E ou tocophérol est puissamment antioxydante. Ses apports journaliers recommandés sont de 12 mg par jour pour un adulte, mais ils peuvent augmenter selon l’activité et l’alimentation. On la trouve principalement dans les huiles végétales (tournesol, olive, arachide, colza, soja…), le germe de blé, les fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes,…) et les céréales complètes. Elle est également présente, dans une moindre mesure, dans le foie, les œufs, le lait et le beurre et les poissons gras. Les sources riches en vitamine E le sont également en acides gras polyinsaturés.

Des compléments nutritionnels fort opportuns

Il résulte des conseils précédents qu’une alimentation faite de protéines d’origine animale (surtout poissons gras et  coquillages, mais aussi viande et œufs) ainsi que de céréales et légumineuses, certains laitages et des fruits, frais ou secs, représente le meilleur soutien d’une glande-papillon qui… bat de l’aile.

Cependant, parfois pour des raisons médicales, parfois pour céder à l’air du temps, les personnes souffrant d’hypothyroïdie, suppriment de leur alimentation certains des aliments précités. Il sera, dans ce cas, très important de leur substituer quotidiennement des compléments nutritionnels apportant les micronutriments indispensables et dans les quantités journalières recommandées.

Rappelons les plus importants et leur AJR chez l’adulte : l’iode (150 µg/j), la tyrosine (1 à 2 grammes par jour), le zinc (10 mg/j), le sélénium (55 µg), le magnésium (375 mg) la vit B12 (2,5 µg/j), la vitamine D (15 µg/j), les autres vitamines (en particulier 110 mg de C et 12 mg de E).

Signalons les excellents résultats obtenus en oligothérapie avec l’alternance : iode les jours pairs et manganèse-cuivre les jours impairs (ou l’inverse !).

Les nutriments en microgrammes sont des oligoéléments qu’il est préférable de prendre en granions, par voie sublinguale pour une meilleure efficacité. Les nutriments dosés en milligrammes peuvent être consommés en comprimés ou en gélules. Attention : point trop n’en faut ! Autant la bonne mesure est extrêmement bénéfique, autant l’excès d’apport peut être nuisible, voire toxique. Ne dépassez jamais quotidiennement trois fois l’AJR (apport journalier recommandé)… surtout si vous avez déjà un apport alimentaire minimal et que vous souhaitez juste le supplémenter.

La lutte contre la perméabilité intestinale et les évictions alimentaires (gluten, lait de vache)

Certains régimes, comme le régime végétarien, ou pire, végétalien, sont pour le moins discutables chez les personnes souffrant d’hypothyroïdie, même s’ils peuvent avoir des avantages par ailleurs. Par contre, la maladie d’Hashimoto, et d’une façon générale toutes les maladies auto-immunes, peuvent être en partie causées par une perte d’étanchéité de la muqueuse intestinale : c’est ce qu’on appelle l’hyperméabilité intestinale.

En dehors de son rôle de digestion et d’assimilation, la muqueuse intestinale est une barrière d’une grande sélectivité. Elle permet le passage de macromolécules comme les nutriments, les vitamines, les minéraux, les liquides, etc., mais bloque l’entrée aux molécules indésirables comme les bactéries, les molécules étrangères et les débris alimentaires. Pour permettre ce « tri sélectif », il existe des maillons qui maintiennent les cellules soudées entre elles et empêchent les éléments indésirables de se faufiler jusqu’au sang.

L’hyperméabilité intestinale résulte de l’altération progressive de ces liaisons. Elle peut débuter dès la naissance avec une mauvaise mise en route de la flore intestinale due à un accouchement par césarienne ou à un allaitement artificiel. Mais c’est surtout plus tard que les médicaments, en particulier les antibiotiques et les anti-inflammatoires, l’alimentation industrialisée, le stress chronique, vont détruire les jonctions serrées de l’intestin.

La muqueuse progressivement fragilisée va laisser passer des substances indésirables, provoquant une perturbation du système immunitaire et une libération d’anticorps. Si bien que chaque fois que l’on mangera cet aliment, le système immunitaire l’attaquera à nouveau, de façon de plus en plus violente, exactement comme dans cette hypersensibilisation qu’on appelle communément allergie. Si, par malheur, certaines cellules de notre corps ont un air de famille avec l’aliment attaqué, nos anticorps, qui comme chacun sait, ne sont pas très physionomistes, vont attaquer nos propres organes, provoquant ce qu’on dénomme une maladie auto-immune.

Or,  la plupart des cas d’hypothyroïdie spontanée répondent de ce mécanisme. Ainsi, la forme la plus commune d’hypothyroïdie auto-immune, la thyroïdite d’Hashimoto, se caractérise par la présence d’un taux élevé d’anticorps antithyroïdiens (du type anti-TPO). Et curieusement, on a également retrouvé chez beaucoup de ces patients, des taux significativement élevés d’anticorps… anti-gluten !

Comment expliquer cette coïncidence ? Probablement à cause de la ressemblance trompeuse entre les protéines du gluten (gliadine et glutenine), et celles des tissus thyroïdiens. De fait, un régime sans gluten améliore sensiblement l’état de santé des patients porteurs de maladies auto-immunes, et singulièrement l’hypothyroïdie d’Hashimoto.

Parallèlement, et pour les mêmes raisons, le lait de vache favorise aussi les maladies auto-immunes, pas seulement par son sucre, le lactose, parfois responsable d’intolérance intestinale, mais surtout par sa principale protéine, la caséine, qui tend à aggraver l’hyperméabilité et à titiller le système immunitaire.

Alors comment remédier au problème ? En bichonnant votre tube digestif… Pour cela :

  • Supprimez les produits à base de blé de votre assiette. Ils sont riches en gluten et favorisent la maladie d’Hashimoto. Vous pouvez remplacer le pain de blé par du pain d’épeautre, la farine de blé par la farine de riz ou de maïs… et préférer le riz et les légumineuses aux pâtes.
  • Mangez des produits de saison et non transformés, issus de l’agriculture traditionnelle pour limiter les apports de pesticides, de colorants et de conservateurs, destructeurs de la perméabilité intestinale.
  • Méfiez-vous du lait, riche en lactose et difficilement digérable, entrainant de fortes réactions immunitaires intestinales.
  • Privilégiez les aliments riches en glutamine, acide aminé cicatrisant de l’intestin que l’on trouve dans le poisson, les œufs, la viande blanche, et les légumineuses.
  • Pensez aux probiotiques anti-inflammatoires comme les différentes souches de bifidobacterium, de lactobacillus, de saccharomyces et autre enterococcus.
  • Utilisez certaines plantes comme le curcuma, le sureau et la réglisse (en l’absence d’hypertension et de problèmes cardiaques)

 Bref, pour garder un intestin en bon état de marche, et même si cela peut heurter les convictions et la susceptibilité de certains professionnels de santé, suivez les préceptes naturopathiques actuels en mangeant bio, sans gluten ni lait de vache.

 

L’homéopathie à la rescousse

Enfin, pour les adeptes de l’homéopathie, et avant que Big Pharma obtienne son déremboursement avec la complicité des pouvoirs publics, certains produits sont réputés pour leur efficacité en cas d’hypothyroïdie.

Pour stimuler la sécrétion de l’hormone thyroïdienne, prendre :

  • Iodum metallicum 4 CH : 3 granules tous les soirs
  • Thyroidinum 4 CH : 3 granules tous les soirs

Pour soulager les symptômes de l’hypothyroïdie:

  • Graphites 9 CH : indiqué en cas de ralentissement général de toutes les fonctions, obésité, frilosité, règles peu abondantes, peau sèche, absence de sueur, indécision. Prendre 3 granules tous les soirs jusqu’à amélioration.
  • Pulsatilla 7 CH pour compléter Graphites
  • Silicea 7 CH : en cas de frilosité extrême et de fatigabilité.
  • Baryta carbonica 7 CH : en cas de frilosité, de lenteur d’idéation et de compréhension, de mauvaise mémoire, prendre 3 granules tous les soirs jusqu’à amélioration.
  • Thuya 9 CH : en cas d’empattement, d’aspect gras et graisseux de la peau et des cheveux, de présence de verrues, prendre 3 granules tous les soirs jusqu’à amélioration.

Il est possible de compléter le traitement homéopathique de l’hypothyroïdie en prenant 50 gouttes dans un verre d’eau de Sequoia Gigantea 1DH et Betula alba 1 DH.

Conclusion

Il faut retenir que, tant qu’il existe de la glande thyroïdienne, il est possible de se passer du sacrosaint Levothyrox® en faisant appel aux méthodes naturelles. En l’occurrence, et plus qu’ailleurs, l’alimentation doit être la première médecine.

Un apport suffisant en iode et en tyrosine, en présence de zinc, de sélénium, de magnésium, de fer et de certaines vitamines au premier rang desquelles les vitamines D, B12 et C, permet souvent de normaliser la TSH modérément ou récemment augmentée.

Les aliments les plus intéressants pour les personnes souffrant d’hypothyroïdie sont les poissons (thon, saumon, sardine, hareng, aiglefin, lotte), les coquillages (huitres, moules), les crustacés (crabe, homard), la plupart des viandes rouges et blanches, les huiles végétales, les légumes frais (en évitant les crucifères), les fruits secs.

Il résulte de ce qui précède que l’hypothyroïdie ne s’accommode pas du végétarisme, et encore  moins du végétalisme ou du veganisme. Si l’apport alimentaire naturel est insuffisant, il ne faut pas hésiter à faire appel à la supplémentation nutritionnelle en respectant les AJR et sans excès.

Par contre, il semble souhaitable, d’après des études récentes, d’éliminer le gluten et les produits à base de lait de vache qui induisent  une hyperméabilité intestinale favorisant les maladies auto-immunes comme les celles qui affectent la thyroïde (Basedow, Hashimoto).

Une activité physique régulière et sans à-coup sera bénéfique. Les sports conseillés sont la marche, la natation ou le cyclotourisme, à raison de 3 ou 4 heures hebdomadaires, de préférence ½ heure quotidiennement ou 1 heure tous les deux jours.

Ce n’est qu’en cas d’échec des conseils hygiéno-diététiques qu’il peut être nécessaire d’instaurer un traitement médicamenteux. Dans ce cas, la normalisation de la TSH ne doit pas être considérée comme l’unique objectif  à atteindre. Seule compte la disparition totale de la symptomatologie. De plus, le bilan sanguin ne doit pas se limiter à la seule TSH mais inclure la T4 et surtout la T3 pour une thérapeutique adaptée et optimale. En effet, les médicaments à base de T3 donnent souvent de bien meilleurs résultats que le Levothyrox®.

Insistons enfin sur le fait que la thyroïde est une glande délicate et susceptible. Un battement d’aile de cette glande-papillon peut créer le chaos dans tout l’organisme. Il serait donc parfaitement déraisonnable de ne pas se faire suivre par un professionnel de santé compétent, à l’écoute, bien informé et ouvert aux médecines alternatives.

 

 

 

 

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